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Tribune du groupe des ambassadeurs du G7 et de l'Union européenne en Tunisie sur la guerre d'agression russe contre l'Ukraine

26.03.2022 - Article

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La guerre de la Russie contre l’Ukraine sème la mort et la destruction. Les civils ukrainiens les plus vulnérables souffrent directement des attaques russes contre leurs villes. Cependant, les conséquences politiques et économiques de cette agression caractérisée se feront sentir bien au-delà de l’Ukraine - en particulier au Moyen-Orient, en Afrique et en Tunisie.

Nous ne pouvons pas accepter que la puissance et la force militaire prévalent sur les principes fondamentaux du droit international tels qu’ils sont inscrits dans la Charte des Nations unies. Ces principes s’appliquent de façon égale à tous les Etats, quelle que soit leur puissance militaire, politique, économique, leur taille ou leur population. L’interdiction de l’usage de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de n’importe quel Etat est le principe central du droit international. Le règlement des différends doit être pacifique, et se faire par des moyens diplomatiques et légaux.

L’attaque du président Vladimir Poutine contre l’Ukraine viole ces principe centraux, de même que la tentative d’annexion illégale de la Crimée par la Russie et son recours à des supplétifs pour déclencher un conflit en Ukraine orientale en 2014. L’attaque de l’Ukraine n’est en aucune manière une « attaque défensive » ou une simple « opération spéciale », comme le prétend le président Vladimir Poutine. La Russie a envahi un Etat souverain, violant le droit fondamental du peuple ukrainien à vivre libre et dans la dignité. De plus, la Russie a placé son arsenal nucléaire en alerte maximale et menace les pays qui viennent en aide à l’Ukraine.

L’argument russe selon lequel la volonté de l’Ukraine de rejoindre l’OTAN fait peser une menace sécuritaire sur la Russie est une mystification complète. Au contraire, c’est parce que l’Ukraine a été menacée par son puissant voisin, malgré le Mémorandum de Budapest de 1994, que le peuple ukrainien a constamment exprimé, depuis 2004, son intention d’adhérer à l’Union européenne ou à l’OTAN.

L’Ukraine n’a jamais menacé la Russie. En tant que victime d’une agression unilatérale qu’elle n’a pas provoquée, l’Ukraine, comme n’importe quel autre pays dans le monde, a le droit de légitime défense, inscrit dans la charte des Nations unies.

Le 2 mars, l’Assemblée générale des Nations unies a envoyé un signal clair en adoptant la résolution « Union pour le maintien de la paix » avec une majorité écrasante de 141 voix, dont celle de la Tunisie. Elle a marqué son unité pour défendre les principes de la Charte des Nations unies, condamnant sans équivoque l’attaque contre l’Ukraine et appelant à un cessez-le-feu immédiat. Seuls quatre pays ont soutenu l’attaque du président Poutine.

De plus, le 16 mars, la Cour internationale de justice de La Haye, la plus haute juridiction des Nations unies, a ordonné à la Russie de cesser immédiatement la violence militaire en Ukraine. La Russie a boycotté l’audience et, aujourd’hui encore, poursuit sa guerre d’agression. Les autorités russes portent seules la responsabilité d’un bain de sang inutile et des morts de part et d’autre.

La guerre contre l’Ukraine ne viole pas seulement la Charte des Nations unies, elle plonge également l’économie mondiale, qui se remet à peine de la pandémie de Covid-19, dans de nouvelles turbulences. Le commerce essentiel est perturbé et les prix des produits de base s’envolent. Alors que l’Ukraine exporte plus de 40% de son blé et de son maïs vers l’Afrique et le Moyen-Orient, les approvisionnements de la région et la sécurité alimentaire de millions de gens se trouvent menacés. La Tunisie, qui reçoit environ la moitié de ses importations totales de blé d’Ukraine, est ainsi particulièrement vulnérable. De même, la flambée des prix du pétrole et du gaz fait que des Etats comme la Tunisie vont devoir réduire leurs budgets affectés aux services publics comme la santé ou l’éducation.

En ces temps troublés, nous devons être davantage solidaires. Nos pays continueront d’apporter leur soutien à la Tunisie pour atténuer les effets de ce choc économique, de même qu’ils l’ont fait pendant la crise du Covid-19, en faisant don de plus de 6 millions de doses de vaccin, sans mentionner les centaines de tonnes d’équipements médicaux et de protection et les centaines de millions de dollars d’aide budgétaire à la Tunisie.

Enfin, l’injustifiable agression russe menace la sécurité et les vies quotidiennes des étrangers vivant en Ukraine, dont des Tunisiens. Heureusement, beaucoup ont pu fuir vers les pays voisins de l’Union européenne. Nous saluons les efforts du gouvernement tunisien pour évacuer ses citoyens, en coopération étroite avec l’Union européenne.

Alors que la Russie continue son attaque massive contre l’Ukraine, une catastrophe humanitaire est en cours. Des milliers de personnes sont déjà mortes ; des millions d’autres ont dû quitter leur maison et sont en fuite. La solidarité internationale avec les réfugiés ukrainiens est spectaculaire.

Nous resterons fermes en solidarité avec l’Ukraine. Nous ferons usage de tout le répertoire de la diplomatie et des sanctions économiques pour défendre les principes fondamentaux de l’ordre international et de la Charte des Nations unies. Nous partageons avec la Tunisie un attachement profond à ces principes ; les Tunisiens savent la valeur de la diplomatie et du dialogue. Dans cet esprit, tenons-nous côte à côte pour défendre ensemble le droit international, les principes humanitaires et la paix.


Op Ed by the Group of Ambassadors of the G7 and the European Union in Tunis on the Russian war of aggression against Ukraine

Russia's war against Ukraine is sowing death and destruction. The most vulnerable of Ukrainian civilians are suffering the direct consequences of Russian attacks on their cities. The political and economic fallout of this blatant aggression will be felt far beyond Ukraine, including in the Middle East, Africa, and Tunisia.

We cannot, and will not, accept that power and military strength stand above the fundamental principles of international law as enshrined in the Charter of the United Nations. These principles apply to all States equally, regardless of their military, political and economic power or their territorial size or population. It is the foremost principle of international law that the use of force against the territorial integrity or political independence of any state is prohibited. Disputes should be resolved peacefully, through diplomatic and legal means.

The current attack on Ukraine violates these core principles, as did Russia’s occupation and attempted annexation of Crimea and its use of proxies to instigate the conflict in Eastern Ukraine in 2014. The attack on Ukraine is by no means an act of « self-defense » or a mere « special operation », as President Vladimir Putin claims. Russia has invaded a sovereign state, violating the fundamental right of the Ukrainian people to live in freedom and dignity. Moreover, Russia has put its nuclear arsenal on high alert and threatens countries who come to Ukraine’s aid.

The Russian narrative that Ukraine’s desire to join NATO poses a security threat to Russia is a complete fallacy. Quite to the contrary: It was because Ukraine had been threatened by its more powerful Russian neighbor, despite the political assurances that Russia had committed to in the 1994 Budapest Memorandum, that the Ukrainian people have constantly voiced their support for NATO and EU membership since 2004.

Ukraine never threatened Russia. As the victim of a one-sided and unprovoked aggression, Ukraine, like every country in the world, has a right to self-defense, enshrined in the UN Charter.

The United Nations General Assembly sent a clear signal on March 2 by adopting the « Uniting for Peace » resolution with an overwhelming majority: 141 countries, including Tunisia, stood united in support of the principles of the UN Charter, unequivocally condemning the attack on Ukraine and calling for an immediate ceasefire. By contrast, only four countries supported Putin’s attack.

Moreover, on March 16, the International Court of Justice in The Hague, the highest court of the United Nations, ordered Russia to immediately end military violence in Ukraine. Russia boycotted the proceedings and, until today, continues its war of aggression. The responsibility for this unnecessary bloodshed and for the deaths on both sides lies solely with Russian leadership.

The war against Ukraine not only violates the UN Charter, it also throws the global economy, still reeling from the COVID-19 pandemic, in further turmoil. Vital trade is disrupted and the prices of basic goods are soaring. As over 40 percent of Ukrainian wheat and corn are exported to the Middle East and Africa, regional supply and food security for millions of people is at stake. Tunisia, which receives roughly half of its total wheat imports from Ukraine, is particularly vulnerable. Likewise, the loss of Russian and Ukrainian tourists, as well as the skyrocketing cost of oil and gas, means that governments like Tunisia have less money to spend on public goods such as hospitals or schools.

In these turbulent times we need more solidarity. We will continue to work with Tunisia to mitigate the effects of this economic shock, as we consistently did throughout the COVID-19 crisis with more than six million doses of vaccines, hundreds of tons of medical supplies and protective equipment, as well as hundreds of millions of dollars in budgetary aid.

Finally, Russia’s unprovoked attack put at risk the lives of foreign citizens living in Ukraine, among them Tunisians. Fortunately, many were able to flee to safety in neighboring EU countries. We commend the Tunisian government for its efforts to evacuate its citizens, in close cooperation with the EU.

As Russia continues its massive attack on Ukraine, a humanitarian catastrophe is unfolding. Thousands have already died. Millions have fled their homes and are on the run. International solidarity with the Ukrainian refugees is impressive.

We will remain firm in our solidarity with Ukraine. We will use the full repertoire of diplomacy and economic sanctions to defend the core principles of international law and the UN Charter. We share with Tunisia the firm belief in these principles; Tunisians know the value of diplomacy and dialogue. In this spirit, let us all defend international law, humanitarian principles and peace, together.

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